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Citation de la semaine 48

  • Photo du rédacteur: Grégoire Taconet
    Grégoire Taconet
  • 16 juil. 2025
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : 23 juil. 2025

Photo (portrait) d'Harold Geneen

"Pour moi ça n'a pas trop de sens de dire aux gens de faire des choses et c'est tout. Il faut, en quelque sorte, prendre une rame et avancer avec eux." Harold Geneen


Harold Geneen était PDG d'une entreprise de téléphonie : je n'ai pas besoin de développer beaucoup plus pour faire comprendre qu'il parlait a priori d'un point de vue de manager, plus que d'un point de vue de thérapeute. Et pourtant, pour celles et ceux qui s'inquiéteraient de ne pas avoir vu ma passion pour le management et la téléphonie transparaître dans les articles de ce site, j'ai bien trouvé cette citation dans un livre sur la thérapie (Escape from Babel), et elle y a toute sa place. Même si ce n'est pas forcément intuitif, d'ailleurs je pense que j'ai mis du temps, dans ma formation, à prendre la mesure ou même plus simplement à prendre conscience de ce qui est exprimé dans cette phrase.


Apprendre à être thérapeute, c'est dans un premier temps apprendre des techniques, qui sont évidemment meilleures que celles du ou de la voisin·e (dire qu'il y en a qui pensent ça sérieusement alors qu'iels ne sont même pas thérapeutes ACP!), mais surtout des techniques qui vont magistralement libérer la personne dans le besoin qui vient quémander notre aide. Vous l'aurez peut-être compris à travers ma formulation : pour moi, et c'est une conviction qui va en se renforçant, oui certaines fois ça se déroule comme ça, mais ce n'est pas là que se joue le cœur de la thérapie.


En effet, cette représentation est celle de la rencontre entre un·e thérapeute savant·e et un·e client·e ou patient·e naïf·ve (c'est d'ailleurs pour ça que, alors qu'au début de ma formation à l'ACP j'avais du mal avec le terme de "client·e", aujourd'hui je ne supporterais plus d'utiliser celui de "patient·e"). Oui mais, déjà d'un côté ça peut aller vite en tant que thérapeute de surestimer son statut de savant·e et selon moi ce n'est vraiment pas une bonne direction à prendre, et surtout, souvent, la situation est bien plus complexe qu'une personne qui attend nos augustes et irremplaçables doigts pour lui retirer son épine du pied.


C'est différent parce que, comme tout le monde, le·a client·e aura déjà essayé de régler son problème par pas mal de moyens avant de faire un pas dans notre cabinet. Le problème persiste, résiste, même les tentatives de passage en force ("je ne touche plus une seule cigarette à partir de maintenant un point c'est tout", "cette personne est toxique pour moi j'efface son numéro") n'arrangent rien, ou alors c'est temporaire. Un problème qui pousse à consulter, c'est très rarement juste une épine, et il faut se méfier parce que des fois c'est bien imité.


La thérapie va donc souvent impliquer des efforts, des remises en question, des sorties parfois rudes de la zone de confort (qui est sécurisante, fut-elle devenue très inconfortable d'où le besoin de thérapie). Et ce qui aide pour cette partie là, ce n'est pas un tour de magie, c'est un accompagnement, au sens relationnel, presque physique, du terme. Les efforts sont tellement importants qu'on les fait ensemble. On ne sait pas forcément où est la sortie de ce labyrinthe, mais on va marcher côte à côte. C'est complémentaire avec l'expertise, et partir avec l'intention, consciente ou non, d'en faire l'économie, c'est renoncer à un aspect qui peut-être s'apprend moins dans les livres (encore que... c'est bien dans un livre que j'ai trouvé cette citation!), qui demande plus d'humilité, mais qui est essentiel.


Continuez d'affûter la maîtrise de votre méthode thérapeutique, mais surtout (d'abord?) préparez-vous à prendre une rame et avancer aux côtés des personnes que vous accompagnez.

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